Tchad, des héros anonymes - Jose Nicolas - Photographe Auteur
     
Tchad, des héros anonymes
Tchad, des héros anonymes Photographies José Nicolas
Texte Pierre Haski

« Mon lien avec le Tchad remonte à mon enfance. Au début des années 1960, avec mon père militaire, nous avons atterri à Faya- Largeau, chef-lieu du nord du Tchad, dit Borkou-Ennedi-Tibesti. Je me souviens d’une vie pleine de douceur, où le temps n’avait pas de prise sur nous, où je vivais pleinement cette liberté avec le bonheur de l’innocence.

Je retourne au Tchad en 1978. Parachutiste, je participe à l’évacuation des ressortissants européens pendant les violents combats qui opposent les différentes factions tchadiennes – et elles étaient nombreuses.De retour deux ans plus tard, avec mon unité, nous campons pendant quatre mois dans l’est, à Abéché, puis près du Lac Tchad à Mao. Moments magiques. Je m’adonne alors avec mon appareil photo à un plaisir de curiosité et de contemplation qui ne me quittera plus. Ce sont mes premières images du Tchad. D’autres séjours s’enchaînent jusqu’à la fin des années 1990. Je m’y rends en tant que reporter photographe pour Médecins du Monde (1983), pour Sipa et pour l’association de Marthe Mercadier (1984). Je couvre l’attaque libyenne de N’Djamena en 1986 et la déroute des blindés de Kadhafi à la bataille de Ouadi Doum en 1987. Je sillonne en 1997, pour Action contre la faim, les zones désertiques de ce pays, photographiant, libre de toute contrainte professionnelle. J’explore à loisir les endroits oubliés dorénavant par l’actualité.Si mes voyages m’ont toujours mené au-dessus de la capitale, j’ai souhaité regrouper ces images d’archives pour rendre hommage à ce pays. »
José Nicolas

Les auteurs
Né d’un père militaire qui parcourt l’Afrique et d’une mère libano-marocaine, José Nicolas rejoint les Unités parachutistes.
Il est réformé à 29 ans après avoir été pris pour cible par un sniper à Beyrouth. Sa rencontre avec le french doctor, Bernard Kouchner, en 1982 va faire écho à sa sensibilité et son regard particuliers sur les malmenés de l’Histoire. Il se consacre dès lors à sa vraie passion : le reportage en zones de guerre (Liberia, Afghanistan, Kurdistan, Liban, Bosnie, Rwanda...) qu’il couvre pour l’agence Sipa pendant dix ans. Depuis 1994, José Nicolas est indépendant et se consacre à des sujets plus sociétaux ou environnementaux, à des travaux plus personnels et revisite ses archives.

Cofondateur du site d’informations Rue89, Pierre Haski a travaillé pour le quotidien Libération et a exercé comme correspondant dans de nombreux pays tels que la Chine, l’Afrique du Sud et Israël. Auteur de nombreux ouvrages, le journaliste continue à écrire pour le magazine L’Obs. Le 27 juin 2017, il a été élu président de l’association Reporters sans frontières.
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